Note de précision: Le récit que vous allez suivre ici, est en grande partie une fiction. J’utilise le quotidien de quarantaine liée au COVID-19 pour la transformer,- et la rendre plus trépidante-, en aventure interplanétaire. J’espère vous faire voyager et oublier ce quotidien un peu morose de ces temps difficiles. Spatialement, Whitney.

Journal de bord, Expédition C-19, sol 1.

Arrivée: 20h. Cratère de Gale. Sol 1 début de l’expédition C-19.

Après 10 mois de trajet entre la Terre et Mars. Mes coéquipiers de l’expédition C-19 et moi-même sommes arrivés sains et saufs sur notre “nouvelle” planète, Mars. Malgré quelques soucis à bord de notre lanceur MITV300 (pour Mars Interplanétary Transfer Vehicule), l’atterrissage s’est plutôt bien passé. La rentrée atmosphérique nous a tous bien secoués et mais nous y sommes. Nous avons eu un peu de mal a nous déplacer dû au manque de pesanteur pendant ces 10 longs mois mais on a su se réadapter assez rapidement.

Nous avons pu rejoindre la base grâce au SEV (Space Exploration Vehicule) envoyé quelques mois plus tôt dans un cargo de ravitaillement, pour que tout soit prêt lors de notre arrivée. Il avait une roue coincée, une première EVA s’est improvisée. L’occasion de tester nos scaphandres en conditions réelles. Avant de descendre du SEV, nous avons tous eu un petit moment d’hésitation, un mélange entre peur de l’inconnu et l’excitation. Notre Commandant, Niels Bakefield, est descendu en premier pendant que les autres et moi le suivions.

Le SEV à l’époque où il était encore en prototype. Credit: NASA.

Quelle sensation étrange ! Nous voilà les pieds sur une nouvelle planète, notre nouvelle planète. Nous petits Terriens, posions les premiers pas de l’humanité sur un nouvel astre autre que la Lune. A la fois, du point de vue cartésien, cela semblait juste poser un pied à terre, mais pour nous, ce geste, ce moment, était très spécial. Je me souviens avoir réfléchi quelques secondes avant de poser mon pied, je me suis vite rendu compte qu’il était ridicule de se prendre la tête. Après être tous descendus du SEV, nous avons tous pris le temps de regarder autour de nous.

Le paysage, inerte, de couleur assez claire, entre le marron et le orange, nous encerclait. Le sol était plutôt sableux et rocailleux. La roche était quand à elle très coupante. On a vite compris que l’on était complètement seuls à ce moment-là. Après avoir repris nos esprits, nous nous sommes concentrés sur notre première mission: sortir la roue du SEV coincée sous une pierre.

C’est avec succès que nous avons réussi cette première tâche. Cela a permis de remonter le moral de tout l’équipage. Nous sommes enfin arrivés à la base Mariner. Nous nous sommes occupés de mettre en route le transformateur pour connecter le RTG (Générateur Thermoélectrique à Radioisotope) et les panneaux solaires au reste de l’installation électrique. C’est après avoir tout préparé que nous avons pu, enfin, nous “installer” dans notre nouveau “nid douillet”.

Après nous nous être débarrassés de nos combinaisons d’EVA (sorties extravéhiculaires ou Extravehicular Activity en Anglais) dans le sas du module Terra de la base, le médecin de notre équipage, Tim Catty, nous a tous fait passer un test médical de routine. Tout le monde était à peu près en forme à part un petit manque de sommeil pour la totalité de l’équipage.

Nous avons découvert que le système d’alimentation électrique de la serre du module Venetia ne fonctionnait pas du tout. Dommage pour Îto Namba, notre biologiste, qui se faisait une joie d’aller découvrir son nouvel environnement de travail. Mais nous verrons tout ça demain. Place au repos bien mérité.

Fin du journal de bord, sol 1. Equipage C-19. Journaliste: Whitney.

Credit photo d’en tête: @NASA/JPL-Caltech/MSSS/Thomas Appéré